

Si mes grenouilles paraissent bien insouciantes, si mes primates singent effectivement les œuvres des grands maîtres, alors je m’en trouverais ravi. Je veux une sculpture animalière qui synthétise la vie autant que le travail d’artistes aussi différents que Michel-Ange, Bugatti, Louise Bourgeois ou Rodin. Je dois naturellement ma prédilection pour l’art animalier à mon père José Maria David. On lui doit sans doute d’avoir sorti le fauve du zoo, c’est-à-dire de l’académisme le plus moribond, pour exprimer la bête qui était en lui. En tout état de cause, j’espère avoir appris de lui cette aptitude à travailler essentiellement le mouvement et la vie. Ma production récente aborde des thèmes qui, je l’espère, sortent du périmètre des sujets convenus. Pour un très jeune sculpteur désireux de faire vivre un domaine aussi classique que l’art animalier la question qui se pose à lui me semble être : comment, ainsi que l’avait fait Bugatti un siècle plus tôt, propulser la sculpture animalière dans celui qui s’ouvre ?